24.05.2008
Un bon coup de ballet
où, parfois, je me demande si mon ouverture à la culture est suffisante.
Car hier, je suis allée à un ballet. Invitée par Mme Maitre Chronique qui sortait quelques unes de ses mignonnes élèves (il n'y a même pas d'humour dans cet emploi de l'épithète), en compagnie de ma charmante BS (cf infra).
Bon, j'étais franchement contente, d'une parce que je n'avais jamais mis les pieds à l'Opéra de Fraisecity, de deux parce que pendant ce temps à Véra Cruz, mon bonhomme, mon frérot et mon paternel se faisaient péter le bide à coup de rumsteack sauce au poivre à la maison (j'ai cherché comment exprimer ça de façon plus classieuse mais j'ai pas trouvé), et puis que mes quelques incartades dans le domaine de l'expression vocale et corporelle m'avaient toujours comblée d'aise.
Première partie, bien très bien. Je ne sais jamais trop comment en parler, vu que ça ne passe pas par la partie verbeuse de mon cerveau mais tout ce que je peux te dire c'est que ça m'a plu (sinon tu me laisses une petite semaine, je vais faire une recherche extensive sur le ballet depuis la période pré-glaciaire jusqu'à aujourd'hui en passant par les analyses lacaniennes du phénomène et on en recause, ok?)
Deuxième partie. Je me suis dit dès le départ c'est quitte ou double, vu qu'elle durait deux fois plus longtemps que la première.
Ca commence par un mec qui marche tout seul sur scène sans musique avec les 14 autres danseurs qui lui bondissent dessus à 4 pattes puis qui repartent en marche arrière. 1001 pattes en moins drôle.
Au bout de 5 minutes de ce gout, là il y a deux danseurs qui ammènent une table à roulette pliée en deux. Je me dis très bien ils vont faire un ping pong sur de la tecktonik on va pouvoir se fendre la poire.
Que nenni, ils l'ont collé sur la table. Bon je me dis, ils vont le sangler mettre la musique en route et commencer à danser un peu.
Ben non, il a y un gugusse qui est arrivé avec un cerceau géant. Il l'a posé par terre et il a commencé à tourbilloner dedans. Là celui du fond sur sa table il a commencé à se contorsionner pour se mater les triceps. Et ils nous ont ramené une fille avec des pointes aux pieds et aux mains qui a passé 12 minutes à essayer de se mettre debout.

Good point, là il y avait de la musique.
Mais bon la nénette (au delà de la performance technique que je respecte bien sur) j'avais envie de lui beugler, hé dis donc enlève voir tes chaussons de torture et mets toi debout (oui j'ai un côté très petit jésus parfois)
Finalement ils ont recoupé la musique et là, ben là y avait toujours environ 13 danseurs sur 15 qui marchaient, en silence et tous dans le même sens avec l'air hagard de celui qui s'est bouffé une boite de Lexomil (et crois moi je sais de quoi je parle) (et oui ça fait 15 fois que je la sors depuis hier soir mais je suis plutôt fière de ma formule)
Là j'ai commencé à regarder ma montre avec insistance.
Et à vivre une angoisse sans fond.
Et si Mme Maitre Chronique et JBS avaient apprécié? Vraiment? Avaient compris le sens profond du spectacle? Et si je n'étais pas culturellement correcte? Si j'étais une bouffone beauf auto gavée à la trance et aux bpm?
Aaaaaargh mon dieu c'est horrible, vite fouille ton cerveau d'agrégée pour trouver des arguments.
"mmmmmhhh oui j'ai trouvé que la dialectique entre le corps et la douleur était rendue de façon particulièrement poignante, surtout avec le feuilletage visuel final, où le tryptique de la douleur était passé en gros plan sur écran, où le corps qu'on a vu se débattre pendant un temps fini se trouve dans un espèce d'infini du morcellement..."
Tu parles.
Elles avaient pas plus aimé que moi.
Ouf.
19:16 Publié dans C'est beau une Fraise la Nuit | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note





























Commentaires
C'est vrai que le steack sauce au poivre était excellent, mais je te prie de faire attention au fait que Mad Jazz Boy, Monsieur Fraise et Maître Chronique ne se sont pas fait "péter le bide".
Non, tout simplement, ils ont savouré, en faisant glisser le tout au moyen d'un bien bon breuvage rouge.
Et tu omets de préciser qu'au moment où tu essayais de comprendre ce que tes yeux voyaient, Monsieur Fraise préparait ton repas !
Ingrate, va !
Ecrit par : Association des conjoints abandonnés par les spécialistes du ballet | 24.05.2008
Dans des moments de solitude comme celui que tu décris, j'essaie toujours de me rappeler que bon nombre de gens se posent même pas des questions de ce genre et que bon nombre de gens ne vont même pas voir un ballet.
Mais ça libère d'autres angoisses... :p
Sinon, je visualise très bien l'air hagard du gars dopé au Lexomil. Et il est fort probable que le fait de connaître si bien Lexomil et ses amis explique les interrogations infinies et absurdes...
Et vice-et-versaaaaaaaaaaaa!
Ecrit par : Zzaz | 25.05.2008
A choisir, j'aurais préféré me débattre avec le miam-steak pepper sauce :)
Que le temps semble loooooooooooooooooooooooooooooooong dans ces moments où ce que tu vois ne touche rien chez toi sauf l'impatience (et là, tu aurais presque envie de te prendre pour Sinclair et de dire "j'ai des poils mais là ils se dressent pas" et de gueuler "Next!").
Ecrit par : noée | 29.05.2008
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