17.11.2007
Du qui fait pleurer et du qui fait peur
Alors toi le pauvre travailleur qui n'a qu'un week end de deux jours, (voire un jour et demi), hin hin, laisse moi te conseiller deux films, bien différents, comme ça t'as le choix...
Le premier c'est Once. Jte dirais bien que nonobstant Paris je serais ptet passée à côté (ou pas). Mais y a tellement d'affiches dans le métro c'est dur d'y échapper.
Once deja ça se passe à Dublin, avec plein de scènes sur Grafton Street. C'est l'histoire d'un mec (aka The Guy) qui joue de la guitare et qui chante des chansons dans la rue pour son ex qui l'a quitté et qui est partie à Londres. Et puis y a une fille qui passe (the Girl), elle est tchèque, elle vend Big Issue, elle habite avec sa mère et sa fille et elle joue du piano.
A l'arrivée ça donne ça:
Et je sais pas trop quoi dire à part que la musique m'est passée sous la peau, qu'il chante un peu comme Cat Stevens, et que dans cette simplicité il y a un universel qui me tire les larmes.
(diantre? dompterai-je mon intellect pour laisser filtrer l'émotion? sans être retournée chez le psy???)
(sinon quand meme je dois te dire que Glen Hansard et Marketa Irglova se sont rencontrés à Prague, un peu comme dans le film, et que leur album The Swell Season est sorti en 2006 et qu'il est magnifique)
Voila.
Sinon dans un autre genre un film qui se passe aussi dans une ville en D. Ou on boit de la bière (mais la comparaison s'arrête là)
C'est La Chambre des Morts. Et si ça te dit quelque chose c'est normal va vu que ça fait un an que je fais de la pub pour les polars du Nord et que Thilliez jsuis ultimement fan. Y a quelque chose d'Américain et de gore dans son polar (sauf que lui, contrairement à Maxime Chattam pour ne pas le citer, je ne me dis pas que c'est mal traduit en le lisant).
Bref, la chambre des morts c'est à Dunkerque. Petit pitch: deux mecs qui font une grosse connerie et qui écrasent un type (en roulan à 160 phares éteints sur un champ d'éoliennes). Problème: le mec a deux millions d'euros sur lui. Bien sur ils décident de se tirer avec le fric. Sauf que du coup le lendemain on retrouve un cadavre de petite fille. La police de Dunkerque est sur le coup avec entre autre Super Fliquette Lucie, toute jeune et maman de deux bébés jumelles.
A voir donc pour: l'ambiance. On avait eu un grand débat l'année dernière sur "polar nordiste et météo" comme quoi la météo n'était pas un facteur essentiel. Ben va voir le film tu verras un facteur aggravant de dépression. Sinon on entr'aperçoit Malo les Bains et la digue, mais ça c'est parce que je connois.
Et pi, moi c'est connu, j'aime bien avoir peur au cinoche. C'est tout le paradoxe d'ailleurs, j'ai peur mais j'aime bien. Autant te dire que hier j'ai bouffé mon écharpe et aggripé le siège
10:30 Publié dans Sometimes, I'm a moviegoer | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.09.2007
A mourir de rire
Hier j'ai vu le film le plus drôle que j'ai vu depuis des mois. Au bas mot.
J'ai hurlé de rire pendant une heure et demie. Poussé des "oh" et des ""rhoooo" et des "naaaan" pendant tout le film.
Je me suis mis la main devant la bouche, devant les yeux, incroyable.
"Joyeuses Funérailles" ou "Death at a Funeral" en anglais. Du pur humour British, personnellement, j'y ai vu une touche de Lubitsch et une bonne grosse pincée de slapstick comedy.
Le pitch: Daniel enterre son père dans une maison de maitre anglaise. C'est l'occasion pour son frère Robert, écrivain à succès vivant à NY de revenir en star adulée. Et les retrouvailles en famille ne vont pas être faciles...tout commence par des croque-morts qui ont pris le mauvais cercueil.
Ajoutez à cela le fiancé, avocat coincé, d'une cousine qui a pris une petite pilule à base d'acide et de kétamine en croyant que c'était du valium.
Ou encore la présence d'une personne "de petite taille" (uh uh) dont on apprend qu'il entretenait des rapports tout particuliers avec le défunt...
Bref, du grand, du bon cinéma...
10:12 Publié dans Sometimes, I'm a moviegoer | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
04.08.2007
On se serait cru dans un film avec Meg Ryan
...sauf que Tom Hanks, c'est pas trop mon genre...à part ce petit détail, jte jure, voici une scène digne d'un mélo pourrave à la guimauve de fin de soirée avec un mug de chocolat et des kleenex, avec Meg Ryan, donc (à copier dix fois: regarder quand Harry rencontre Sally pour la 17è fois à seulement 26 ans nuit dangereusement à la santé)
Donc voilà comment ça se serait passé dans le film avec Meg...
Meg est toute chigneuse parce qu'elle a un chagrin d'amour, elle n'en reste pas moins pétulante mais de temps en temps va s'effondrer au milieu de geysers de larmes puis hurler à ses amis, tout en se mouchant, que siiiiiiii tout va bien, c'est juste qu'elle a une sinuste, mais pourquoiii pourquoiiii pourquoiiii?
[notez la candeur de mes références cinématographiques de même que mon adoucissement digne d'une publicité pour de la lessive hypoallergénique, normalement toute pré-trentenaire [aaaaah, pré-trentenaire, prétrentenaire, c'est mon nouveau mantra, mon id a du prendre un sacré coup au surmoi] se noierait dans des barriques de margarita et se consolerait avec son nouveau vibromasseur [qui lui ne met pas les pieds sur la table en regardant du foot]. Bref, un revival eighties pour ma pomme, c'est surement moins dangereux à la santé]
Bref, Meg est obsédée, ses amies lui ont dit de l'oublier, elle voudrait bien mais n'y arrive pas et se perd dans de nombreuses activités pour se persuader que sa vie est normale et que le tsunami sentimental qu'elle subit n'est autre qu'un micro-évènement à l'échelle planétaire, et un follicule temporel dans un cadre historique où elle même n'occupe qu'une place infinitésimale. Autant dire, pas digne d'intérêt.
Là la musique s'emballe dans le film, elle est même un tout petit peu plus joyeuse, ses amies sortent leurs fichiers de références pour lui organiser une nouvelle blind date, elle se résout à y aller, scènes syncopées et sans son du défilé des prétendants qui ennuient Meg.
Son moral pourrait retomber comme un soufflé, mais elle décide de se consacrer à elle-même et se remet à l'écriture/la poterie/le macramé/autre (barrer la mention inutile ou compléter sur les pointillés)
Et un jour dans ce flou artistitique, Meg décide d'aller faire un tour à la librairie du coin, celle où elle n'a pas mis les pieds depuis des siècles. Bien entendu vu son état d'esprit, elle est habillée comme un sac, porte des grosses lunettes, n'est pas coiffée (si ça avait été une autre actrice que Meg, elle aurait eu un chignon infame), pas maquillée. Elle chantonne en feuilletant des livres et en touchant les couvertures tout en se félicitant à voix basse de sa force psychologique: elle ne pense pas à lui, mais alors pas du tout, elle est totalement passée à autre chose ("I'm over him, totally over him, SO over him I actually wonder how I ever...")
Et là...là il faut trouver un compositeur génial pour la BO celui qui fera passer avec trois notes ce qu'on ne pourra jamais dire avec des mots:
ben là il est en face d'elle.
Et notre bonne Meg qui tremble qui bafouille qui sait plus où se mette qui débite un nombre incroyable de conneries à la minute qui ne voit que ses yeux.
Ca dure un temps infinitésimal dans l'histoire de l'univers, mais c'est un peu tous les tsunami du monde d'un coup.
Et après quand elle repart Meg (même chose, penser à la musique), elle se tape la tête contre un mur, ou le front avec le plat de la main tellement elle se sen bête, elle se voit dans une vitrine et elle se dit que c'est pas possible, franchement.
Le truc bien dans les films c'est qu'on connait la fin, alors qu'ailleurs non, et d'ailleurs ailleurs, ça se finit rarement comme dans les films (sauf quand NY explose mais c'est une autre histoire)
16:38 Publié dans Sometimes, I'm a moviegoer, Strawberry Boy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.06.2007
Le Scaphandre et le Papillon

Ca commence comme un vertige absolu, un clignotement entre du rose et des taches floue set colorees. Ca s'accélère.
C'est Jean-Do qui cligne d'un oeil.
On lui parle à lui mais ce n'est pas vraiment lui.
Lui, il est, encore, jeune, fringant, cynique et totalement sur de lui.
On parle à un grabataire, à un objet, on lui parle presque comme on ne devrait jamais parler à un être humain.
C'est pas grave, il est cynique, il répond, il les envoie balader.
Sauf qu'ils ne l'entendent pas.
Il parle mais uniquement dans son esprit, tout le reste est enfermé à l'intérieur.
Il est enfermé à l'intérieur de lui.
Par la magie visuelle de Schnabel, on parvient à l'empathie avec Jean-Do, chose impossible dans le cas d'un film plus réaliste. Car pour une fois même la musique ne parviendrait pas à faire ressentir ce qu'il a vécu.
Et mystérieusement, une universalité s'installe, le syndrôme est trop rare pour que l'Homme en nous n'en tire autre chose à son propre apprentissage.
L'impression d'être en soi, tellement soi, mais terriblement coupé des autres, de rire dedans et de ne pas parvenir à pleurer dehors, de tout haïr et de vouloir partir, et puis finalement, par un petit miracle, retrouver l'humain en soi et lutter, donner pour continuer à vivre un peu.
C'est ce que j'ai gardé du film.
Peut-être parce que j'ai tendance à me lire un peu n'importe où, peut être parce que la capacité de Schnabel à individualiser, sur la pellicule, à rendre l'essence à l'homme qui n'existe presque plus, déjà, est terriblement émouvante.
Surement parce qu'Amalric est un de mes acteurs préférés (et que je le trouve totalement sexy et tout ca, mais bon là n'est pas le sujet...) et qu'en l'occurrence sa performance est tout bonnement époustouflante, et qu'au delà du corps paralysé qu'il incarne, sa voix, son oeil rougi rendent l'âme de l'homme d'avant, aperçu dans quelques flash backs, et qu'il n'y a pas de dissonance entre les deux.
Alors si jamais la tentation du scaphandre reparait, il faudra choisir le papillon, parce que vivre est le respect qu'on se doit.
10:45 Publié dans Sometimes, I'm a moviegoer | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06.06.2007
Les Chansons D'Amour
Il est de ces films que je vais voir seule.
Parce qu'ils ne peuvent pas provoquer le consensus, parce qu'ils rentrent dans des codes.
Et que desfois, j'ai pas envie de pas être d'accord. J'ai pas envie d'entendre les critiques. J'ai pas envie de me taire, de me demander si je suis normale d'aimer.
Oui c'est peut-être encore un de ces films tout pourri que je vais voir parce que je suis une fille.
Oui c'est ptet kitsch comme du Jacques Demy, même que c'était déjà kitsch avant d'être vieillot et décalé.
Desfois j'ai juste envie d'aimer, et d'en profiter seule.
L'amour, la mort, la compromission avec soi, avec l'autre, le respect des conventions, la confusion des sentiments.
C'est tout, c'est rien, futile et essentiel.
Et les mots, traitres mots, parviennent trop rarement à combler le vide de qu'on veut exprimer dans ces moments là.
D'où le pouvoir des chansons.
Il est de ces films effrayants qui vous touchent en plein coeur. Des films miroirs, non je n'ai pas vécu la même situation, mais...tiens, ces mots là vont si bien sur mes situations à moi.
Il est de ces films qui vous permettent de quitter la salle en vous disant que mourir, finalement, en changeant de perspective, c'est danser le Delta Charlie Delta.
Qu'être égoiste et insensible, c'est peut être simplement vouloir aimer pour la beauté du geste, que les amours qui durent donnent des baisers trop murs, alors qu'aimer pour la beauté du geste, c'est se rafraichir avec un baiser, et son zeste.
Ca me parle.
Tiendez, Marivaux au XXIè siècle, le desespoir en plus:
22:55 Publié dans Sometimes, I'm a moviegoer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2007
Stranger than fiction
Bien. Nous passerons sur le fait que je suis de nouveau en arrêt et cette fois pour longtemps.
Changeons nous les idées et épargnons nous les détails peu intéressants (genre réussir à avaler un café qui fait un aller-retour dans l'estomac. Et je vous promets vomir un café ça fait un peu mal).
M'enfin.
Je me suis quand même fait trainer au cinoche par collègue et nous avons vu un réel bijou de Mark Forster. En même temps si j'avais eu toute ma tête, je me serai rappelée que c'était le réalisateur de Neverland (la création de Peter Pan par JM Barrie, un de mes all-time favourites) et de Stay, qui m'était sorti du crâne, pourtant après vérification je l'avais vu avec Monstrueux, c'est un film avec Ewan McGregor à la narration totalement éclatée, dont on était sortis fascinés mais pas sûrs d'avoir tout compris mais sûrs que c'était pas important. Et esthétiquement c'était un bijou.
J'avais donc vu la bande-annonce de ce film pendant les "vacances" de Nowel, sans faire le lien avec les autres films, mais ça m'avait attiré l'attention (grave même): en français le film s'intitule "L'incroyable destin d'Harold Cricks" (s'il y a une référence cachée à Amélie Poulain je conchie les traducteurs qui ont déjà bien massacrés le titre original).
Bref, Harold est un type tout ce qu'il y a de plus lisse, banal et inintéressant: contrôleur de l'IRS, obsédé par le temps et les chiffres (il compte le nombre de fois où il se brosse les dents)...jusqu'au jour où il entend une voix dans sa tête, voix qui décrit, dans un style soutenu, ses actions et pensées...C'est la voix de sa narratrice, omnisciente qui plus est...Harold se rend comtpe qu'il est le héros d'un roman...et que Karen Eiffel, son écrivain, a une spécialité: tous ses personnages meurent....
A la croisée du Truman Show, avec une pincée du wit littéraire de Jasper Fforde...un bijou!
Je vous met la video en cadeau (maintenant que j'ai compris comment on faisait!)
13:20 Publié dans Sometimes, I'm a moviegoer | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
































